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Traversée des funambules Mont Faron

TRAVERSEE DES FUNAMBULES FACE NORD DU MONT FARON


DIMANCHE 07 Octobre 2007.

PARTICIPANTS : Alain, Gaston, Guy Raymond et Yves.

 


 

                Laissant les randonneurs se livrer à quelques débordements orgiaques dans la vallée du Gapeau, cinq ascètes, soucieux de leur ligne délaissent La Ciotat pour se protéger d'un été indien particulièrement ardent et se dirigent vers les parois nord-nord -ouest du Mont Faron.  Là, sur une paroi large de près de 600 m , verticale à souhait , la « Traversée des Funambules » , ouverte par Jean Gleizes et ses amis  en 1998/1999, déroule un colossal équipement de cordes fixes, panaché de rappels vertigineux.

                Le départ s'effectue à 445 m d'altitude ( « e pericoloso sporgersi » ), au parking de l'Antenne ; juste à mi chemin entre la tour de L'Ubac et la tour Beaumont qui abrite le mémorial.

                La traversée débute par une petite mise en jambes au long de la clôture de l'antenne . Un petit éboulis croulant nous conduit au relais du premier rappel  de 27 m , à l'aplomb de l'antenne. Corde repliée, une traversée vers l'est quasi horizontale , contourne quelques éperons et ressauts . La ligne de vie des cordes fixes est là, constituant un fil d'Ariane auquel nous nous livrons avec confiance. Au droit de la sortie de la voie du « Pilier couché » , nous rejoignons le sentier pour nous engager ensuite dans une traversée exposée et remonter ensuite vers une petite aiguille acérée par un couloir vertical où déjà Guy s'époumone . Nous quittons « La madone » (nom de baptême tout frais  attribué par Raymond à notre monolithe) pour rejoindre une petit traversée toujours vers l'est..


            


Les participants sont maintenant familiarisés avec l'ambiance gazeuse , manœuvrant leurs longes avec circonspection, soucieux de doubler les amarres comme le suggérerait Maurice s'il était parmi nous. Le sentier nous ramène presque au niveau des voitures à proximité desquelles nous retrouvons le tracé noir qui conduit au pied des falaises . Loin à l'est , nous virons de bord pour ramper à l'intérieur de la « Grotte du sanglier » qui traverse la paroi pour s'ouvrir en pleine face de l'arête en croissant  qui domine le sentier de descente . Un nouveau rappel de  30 m , légèrement en fil d 'araignée nous dépose dans le couloir. Devant nous, un groupe de trois personnes nous a précédé sur la paroi : c'est la première fois que je ne me trouve pas seul sur ce parcours ! Qui donc est le chat noir ?

                Dans la broussaille nous les poursuivons . Nous remontons du tracé noir et l'abandonnons quelques mètres plus tard au droit d'un panneau de parking échoué là après avoir suivi le chemin de nombreux véhicules précipités du haut de la falaise vers le talus inférieur, ou peut être fiché à cet endroit par un plaisantin , ultime touche de civilisation que nous quittons pour quelques heures.  Au demeurant nous portons tous le casque qui devrait efficacement nous protéger de toute chute de bus désaffecté ou de glorieux  4x4 , si nombreux dans le Var.


        


                Après une traversée retorse où chacun selon son humeur suit son parcours, qui en escalade au dessus de la main courante, qui au dessous bras tendus sur la corde ; nous rejoignons un grand pin qui habituellement sert de point de fixation pour une tyrolienne en provenance de la grotte aux sangliers. Une prochaine fois peut être ?

                Un nouveau rappel de 25 m est suivi d'une traversée vers l'ouest au long d'un abri sous roche constituant une longue conque dominée par la paroi surplombante. A l'angle d'un promontoire nous nous engageons dans une traversée en pleine face pour déboucher sur la gauche sous le porche de la « Grotte des grands ducs » où nous rejoignons nos prédécesseurs engagés dans le rappel de 33 m qui disparaît dans les antres infernaux. Un à un nous disparaissons dans les profondeurs de la cavité pour ressortir tout en bas en pleine face où le premier groupe  nous propose de nous laisser passer , considérant que nous nous sommes plus rapides à cinq qu'eux à trois. Que de courtoisie ; comportement assez inhabituel chez les grimpeurs , jour à marquer d'une pierre blanche. Mettant un terme à la cour d' « Amour courtois » entamée par Guy auprès de gent féminine, nous les remercions, peu enclins à partager la maigre salade verte de la Damoiselle . Rapidement , nous sommes confrontés à une vertigineuse traversée dans une dalle plutôt lisse et dans laquelle les pieds ont du mal à trouver quelques aspérités stabilisantes . C'est donc dans les bras qu'il faut trouver la ressource nécessaire pour franchir l'obstacle. Ainsi la corde nous conduit au pied de la remontée d'un couloir raide qui s'interrompt d'un coup au pied d'un chétif chêne vert qui tend ses bras décharnés vers la paroi, ici surplombante, en une imploration désespérée. Pourtant le chemin est là , sur le tronc, les maigres branches dont la plus gracile nous ramène enfin au rocher , constituant un support enfin rigide et d'apparence plus robuste que cet ectoplasme végétal. Qu 'en sera-t-il de ce passage si d'aventure ce brave chêne venait à disparaître ? Pour l'instant il tient et même sous le poids conjugué d'Yves et de Guy ; contrairement à  la fable il plie et ne rompt pas ! 


                 


Le souffle un peu court , mais le moral réconforté par un équilibre plus stable , nous repartons à nouveau à l'ouest , pour croiser à nouveau la voie du « pilier couché » et la redescendre vers l'ouverture béante du « Boyau dérobé »  qui disparaît dans les obscures profondeurs  de la montagne. Trente mètres de rappel franchissent ce boyau qu'il faut ramoner du sac et des épaules pour déboucher à l'air libre et plonger en longues glissades sur la corde vers le sentier en pied de paroi. Il faut admirer Guy dégageant son huit brûlant d'une technique parfaitement novatrice qui sent de loin son cochon grillé !

Dévalant le talus  sur lequel croule terre et cailloutis entraînés, nous ressortons du petit bois de chênes verts  , où « il n'y a plus ni oiseaux , ni violettes , ni source sous l'herbe fine... » .pour recouper une troisième fois  l'axe du « Pilier couché »

Sur son replat nous déjeunons !

Cet interlude sera si court que nous ne serons pas rejoints !

Au  creux du couloir la remontée est rude . En écharpe nous nous dirigeons au dessus du cirque vers la « Grande diagonale » qui domine la face triangulaire . En bout de traversée, un premier rappel de 18m ( ça n'existe pas ! ), nous envoie en pleine face au dessus du cirque boisé. Un deuxième de 33 m nous y conduit au long d'une belle dalle bien compacte.


         


En sous bois, il nous faut ensuite remonter les traîtrises d'un éboulis particulièrement retors : heureusement la végétation nous apporte son concours et c'est en tirant sur le moindre fétu que nous rejoignons le tracé vert qui se hisse vers le collet des « Etourneaux » , par quelques ressauts rocheux. Un peu essoufflés, nous laissons le tracé vert poursuivre sa route vers l'épaule des Etourneaux, pour attaquer plein nord l'arête acérée de la pointe homonyme.

Au dessous, encore invisible Guy, qui depuis le repas s'était tu , réne , s'invective , se disperse en borborygmes , mais sa véhémence habituelle est maintenant bien émoussée . Enfin il émerge du couloir et nous pouvons repartir.

Au long de l'arête nous descendons avec prudence , pour contourner l'éperon par la gauche et atteindre le rappel de 25 m de la grotte des « Funambules » . En fil d'araignée, nous atterrissons , les uns après les autres dans le porche de la grotte.  L'ultime rappel de37 m  nous voit franchir l'arche naturelle et nous dépose au fond du couloir . Là, au dessus de nos têtes , sur la paroi de gauche ( donc à droite en montant.... J'en vois qui ne suivent pas . Il va de soit que la rive droite ici , est prise au sens orogénique.. ;) l'équipement se dirige, cette fois ci à la verticale pour disparaître à l'angle de la paroi . Nous voilà au pied du « Crux » de la traversée : le passage clé donc, qui va mettre les muscles un peu fatigués et le moral de certains à rude épreuve. J'ai là une pensée émue pour Yves , fidèle chevalier servant qui va devoir se consacrer à une mission impossible : veiller sur le berceau de Guy avant que les maléfices ne le transforment en vil crapaud dont la détente serait fort utile pour atteindre le premier relais qui nous nargue la haut.


      


Avec prudence nous décidons de franchir cet ultime difficulté assurés par un encordement plus classique de grimpeurs : cordée de cinq ; lourde, lente, geigneuse, sourde ! Cahin Caha la colonne s'ébranle, jure, sacre, grince.... Les « attends, attends » se multiplient et ponctuent nos évolutions hésitantes, nos interminables arrêts . Encore quelques mètres , qui bras tendus, qui en semi escalade ; un à un les cinq protagonistes rejoignent le sentier. Il nous faut encore perdre Guy  qui disparaît avec son énorme sac dans la passage le plus aisé du parcours.

Nous voilà enfin sur le tracé vert ; au collet qui domine la tour de l'Ubac nous rangeons le matériel et nous  libérons des casques et baudriers.

Le plus pénible reste à faire : remonter sous les rayons ardents du soleil les rudes pentes vers le parking de l'antenne au long du tracé bleu . Enfin délesté de la corde qui va alourdir et réchauffer l'encolure d'Alain, je peux librement aller mon train bien que devancé par l'infatigable Raymond ; loin derrière, Guy est inaudible et ce n'est pas du fait de la distance !

Durée du parcours 6 H à cinq ! et tout çà pour parcourir un petit kilomètre.


Gaston

             http://anphotos.free.fr/albmtfaron07102007/  

 

Les photos sont ici 

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